06/07/2007
Il ne faut pas exagérer,
il y a quand même un certain nombre de modèles qui n’ont aucun complexe et qui font ça uniquement pour l’argent, puisque c’est une activité généralement assez bien rémunérée.
Reste que comme nous n’avons pas l’habitude d’évoluer nus en société, celà suppose une certaine dose d’impudeur. Donc, idéalement, le modèle nu parfait, c’est sans doute celui qui pose involontairement.
Peindre la pudeur nue… On comprend que le thème de Suzanne et les vieillards, un des sommets de l’érotisme en Occident, ait tant inspiré les peintres.
16:34 Publié dans Académies, Métier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modele nu
05/07/2007
Le dilemme du modèle nu,
c’est qu’il s’agit toujours de quelqu’un de plus ou moins exhibitionniste. Et l’exhibitionnisme est souvent motivé par un complexe d’infériorité physique. Le modèle estime que son corps tout entier ou telle partie de son corps ne correspond pas aux canons et présente des défauts.
Or, ce qu’il faut d’abord, avant même certains critères physiques particuliers, c’est que le modèle soit "naturel" ; qu’il pose nu exactement comme s’il était vêtu.
Un exemple ? Récemment je croquais un homme nu (pas celui du croquis ci-dessous), un modèle expérimenté pourtant, et réputé, et il m’est très vite apparu évident et gênant que, s’il était plutôt “fier” de son corps dans l'ensemble, son visage ne le satisfaisait pas. Aussi faisait-il en sorte de prendre des poses où ses longs cheveux venaient masquer son visage.
11:15 Publié dans Académies, Croquis, Métier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modele nu
04/07/2007
La définition du dessin
que donne Delacroix est à la fois très juste et très simple. Pour lui le dessin c’est la “perspective”. Cette image de dragon, à la plume et inspirée de Titien, illustre bien la définition de Delacroix.
C’est amusant que cette définition intelligente du dessin soit donnée par un peintre généralement considéré comme un “coloriste”. Mais cette distinction entre peintres “coloristes” et “dessinateurs”, creusée par son admirateur Baudelaire, Delacroix la récuse justement. Il prend même l’exemple de Titien. «Faire de Titien un “coloriste”, dit-il à peu près, c’est oublier que Titien est d’abord un dessinateur exceptionnel.»
(Cette observation de Delacroix me paraît d’autant plus lucide et courageuse qu’il n’a pas, lui, la sûreté de trait ou la maîtrise d’un Titien - ni même celle d’un Gericault).
Les peintres ne sont jamais satisfaits de la façon dont les littérateurs parlent de leur art, le vocabulaire qu'ils utilisent ne leur semble que très rarement adéquat. Bien que Théophile Gautier et Baudelaire aient beaucoup fait pour la gloire de Delacroix, on sent bien que celui-ci, la moitié du temps, juge qu'ils sont à côté de la plaque.
13:15 Publié dans Hommages, Métier | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : delacroix, gericault, gautier, baudelaire
03/07/2007
« Depuis les frises du Parthénon,
où Phidias a fait défiler ses longues cavalcades, nul artiste n'a rendu comme Géricault l'idéal de la perfection chevaline. »
Théophile Gautier
La volonté de retourner à la source antique est fréquente chez les peintres, mais Géricault, lui, a quelque chose de naturellement primitif ; il est de la même trempe, violent, juvénile et ambitieux à la fois.
Quand vous copiez un dessin assez complexe comme celui-ci, vous tremblez à la fin qu'une goutte d'encre ne vienne s'écraser au milieu et tout gâcher. Ça m'est arrivé pas plus tard qu'aujourd'hui avec un dragon attaqué par des aigles, de Titien, une satanée perspective que je vais devoir refaire.
11:00 Publié dans Chevaux, Critique, Hommages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gautier, gericault
02/07/2007
Les animaux anthropomorphes
ont la préférence des peintres, semble-t-il ; le cheval, bien sûr, dont l'anatomie rappelle celle de l'homme ; le lion, à qui la crinière donne une physionomie humaine, sans compter le singe et le perroquet ou les chiens et les chats, dont ce sont les caractères, qui, pour ces derniers, semblent imiter ceux des hommes.
Il paraît que les fauves de Delacroix lui rapportaient plus que ses commandes de peinture d'histoire ou religieuse. Il a peint ainsi pas mal de lions pour satisfaire la demande. Pour plus de vérité, il allait observer les bestioles du Jardin des Plantes.
21:00 Publié dans Hommages, Métier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : delacroix, lion
30/06/2007
C'est un bon exercice
aussi, recommandé dès le XVIIe siècle, que de croquer des animaux de compagnie sur le vif. La peinture a longtemps été peuplée de chats, de chiens, de perroquets…
(Aquarelle en vente sur e-bay.fr)
09:25 Publié dans Croquis, Enchère, Métier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : matineau
29/06/2007
Un grand pédagogue,
Rembrandt, dont les leçons sont connues grâce à certains de ses disciples, pour ne pas dire de ses apôtres, Rembrandt insistait lors des séances de modèle vivant, sur le dessin des pieds, des mains et du visage. Parfois il corrige un dessin : « Mettre plus les visages en valeur ! ».
On peut sans doute dire de tous les artistes chrétiens, pas seulement de Rembrandt, qu'ils sont "expressionnistes".
08:20 Publié dans Académies, Croquis, Métier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modele masculin









