12/06/2007

Comme dans le croquis

d’après un modèle vivant, il est préférable de copier les maîtres anciens non seulement avec précision, mais aussi avec le plus de vivacité possible.
J’ai dessiné ma version de cette figure grotesque de Cornelis Dusart (1660-1704) en quelques minutes, en accentuant sa ressemblance avec Gérard Depardieu. Comme on constate le genre grotesque ne date pas de la dernière cuite de Gérard !
Un peu trop vite puisque j’ai commis une erreur de débutant en dessinant cinq doigts apparents au lieu de quatre !

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11/06/2007

Le “nu” féminin

ou masculin est un des sujets favoris des peintres classiques. Mais on considère que c’est le peintre Jacques-Louis David (1748-1825), républicain proche de Robespierre avant de devenir le peintre officiel du régime napoléonien, le “père” de l’académisme moderne ; il a systématisé l’apprentissage du dessin par les novices d’après le modèle vivant, nu, posant sur une sellette. Cet académisme s’est perpétué à travers Guérin, Géricault, Ingres, et même Delacroix, jusqu’au milieu du XXe siècle en Europe, avant que l’art occidental qui dominait jusque là ne subisse des influences extérieures fortes, celle de l’art nord-américain notamment, à tel point que l’académisme de David a passé de mode.
Il subsiste cependant encore quelques ateliers où le nu est enseigné de façon plus ou moins académique, comme la base du langage pictural, ou du moins comme une manière d’apprendre à comprendre les formes vivantes avant d’en créer de nouvelles.

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(Croquis d'un modèle espagnol posant quelques minutes seulement, pour apprendre à synthétiser le mouvement.)

08/06/2007

Un meilleur exemple

du style archaïque de Gericault, ce morceau mettant en scène le départ d’une course de chevaux libres ; on y voit l’influence du bas-relief antique, ces silhouettes découpées, ces personnages nus et athlétiques, cette économie des coloris qui en découle…
G. est attiré par les grands décors épiques, c’est là que son talent s’exprime le mieux ; la “Méduse”, constamment citée, est trop académique, destinée à bluffer le jury du Salon, d’où son style un peu outré, c’est un véritable Parthénon de chair qui flotte de façon improbable sur l’eau ; l'exécution en fut trop rapide. G. lui-même fut mécontent de ce chef-d'œuvre dont il attendait tant, conscient qu'une partie des griefs de la critique étaient justifiés.

Le séjour Outre-Manche de Gericault, où il s’est adonné à la miniature à l'aquarelle, est d’autant plus paradoxal, mais le moins qu’on puisse dire c’est que le talent de Gericault a été contrarié.

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(Je regrette d’avoir utilisé l’acrylique pour cette étude, les couleurs synthétiques ne sont pas seulement mates, comme la gouache, elles sont ternes ; la photo numérique altère en outre les couleurs. Et puis quand on sait ce que les matériaux modernes ont déjà coûté à G. ! Entre autre il avait investi une partie de sa fortune dans une fabrique de fausses pierres, en pure perte.)

07/06/2007

Une doctrine

… un artiste aujourd'hui, il lui faut une doctrine… Je ne me suis pas trop concassé pour la mienne, je l'ai pompée sur d'autres… tant que j'y étais, à étudier le dessin des maîtres, leur peinture, je me suis dit : “Autant voir ce qu’ils ont dans la tête.”
- « Je m’attachai à l’étude des peintres qui me donnaient l’espérance de rivaliser un jour avec eux. » énonce Fragonard, ambitieux ;
- Plus tard, Ingres, pédagogue : « Voyez le cheminement de l’art : Michel-Ange avant tout, puis Raphaël, qui doit toute sa grandeur à Michel-Ange. Tous les deux parvinrent au sublime de la pensée. Et quel chemin prirent-ils pour y arriver ? Celui de l’humilité, de la soumission, pour copier tout bêtement. »
- Ou encore Delacroix, le peintre-poète, toujours inspiré : « Le Tintoret travaillait extrêmement à dessiner en dehors de ses tableaux ; il a copié des centaines de fois certaines têtes de Vitellius, dessins de Michel-Ange, etc. »

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(D’après Lorenzo Lotto, un jeune homme qui a tout l’air d’avoir une doctrine lui aussi.)

06/06/2007

Un "peintre contemporain classique"

ça signifie un peintre qui étudie les maîtres anciens pour s’approprier une part de leur technique et de leur idéal.
J’ai déjà copié Dürer, Michel-Ange, Zurbaran, le Corrège, le Guerchin, Titien, Lorenzo Lotto, Raphaël, Delacroix, Ingres… ou de plus petits maîtres comme Georg Flegel, Gaulli, Oudry, Millet, Van Gogh…, mais j’ai un amour particulier pour Gericault, par qui j’ai commencé instinctivement, et dont l’archaïsme, le néo-classicisme, me touche particulièrement.

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(Cette étude n'est pas un bon exemple du néo-classicisme de Gericault, mais plutôt de son apprentissage en Angleterre d'effets raffinés.)