22/07/2007

À propos de canons

de beauté, un ami peintre se plaint de ne pas trouver un modèle qui, physiquement et dans ses gestes, ses poses, incarne la beauté contemporaine, du moins l'esprit contemporain. Quel naturalisme !

Je me demande quel genre de fille il faut chercher… Une métisse ? ou bien une fille qui s'habille en homme ? Une top-model ? une actrice de cinéma ? français ou américain ? ou bien une caissière ? Une caissière métisse américaine d'origine française qui s'habille en homme et a joué de petits rôles au cinéma avant d'échouer dans un supermarché ; après il faut décider cette femme à se mettre à poil ; vu le salaire-horaire d'une caissière, ça ne devrait pas être bien difficile. Mais ne vaut-il mieux pas un peu d'idéalisme, définir comme Vinci ses propres canons de beauté…


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19/07/2007

La mélancolie,

pour l’artiste de la Renaissance, c’est une qualité. Cette humeur noire le distingue du commun des mortels. D’où vient-elle ? D’une contemplation prolongée de la Nature, sans doute. Dessiner, peindre, créer, produire, pour chasser la mélancolie.

Les contemporains, eux, c’est plutôt la "dépression" qui les guette…

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17/07/2007

Les historiens et les critiques d'art

ont tendance a confondre les idées, les théories développées par les peintres, et leur production artistique. Que la peinture de Maurice Denis manque d'audace et de caractère n'implique pas que les théories de Maurice Denis soient elles aussi faibles, comme j'ai pu le lire.
L'art de Dürer ne correspond pas aux idées de Dürer, il suffit d'être un peu attentif à l'œuvre peint ou gravé de Dürer pour s'en rendre compte. Dürer est un peintre de la Renaissance, plein d'idées en tête, mais ses idées ne dictent pas son art.

Pas plus que la doctrine d'Ingres, plutôt ferme, ne trouve sa traduction exacte dans la peinture d'Ingres. Elle correspond plutôt à ce que Ingres aurait souhaité que sa peinture soit, idéalement.
Pour faire une comparaison, chacun sait bien qu'entre la vie qu'on voudrait avoir, les projets que l'on voudrait mener, et la vie qu'on mène réellement, en définitive, il y a une différence, et ce n'est pas seulement une question de degré ou d'intensité.
Les historiens et les critiques d'art font donc souvent plutôt la critique et l'histoire des mentalités des peintres que de la peinture elle-même. Ce n'est pas aussi intéressant. D'autant plus que les mentalités des peintres, à mon avis, n'ont pas tant évolué que ça.

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07/07/2007

Photographes et peintres

se font concurrence depuis le XIXe. C’est surtout vrai dans le domaine du portrait où on peut dire que le match a tourné nettement à l’avantage des premiers. Le Président de la République ne pense même plus à se faire peindre dans sa bibliothèque (ou passant les troupes en revue).

Les arguments du photographe, ce sont la vérité et le coût. Le peintre revendique lui aussi la vérité, mais comme il a plus de mal à convaincre le public qu’un portrait peint est plus vrai qu’un portrait photographié, alors il insiste sur la "poésie" de ses portraits.

« Examinons les portraits faits au daguerréotype : sur cent, il n’y en a pas un de supportable. »
Delacroix (“Réalisme et idéalisme”, 1859)

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(Détail du portrait peint à l'aquarelle d'une jeune fille)

06/07/2007

Il ne faut pas exagérer,

il y a quand même un certain nombre de modèles qui n’ont aucun complexe et qui font ça uniquement pour l’argent, puisque c’est une activité généralement assez bien rémunérée.
Reste que comme nous n’avons pas l’habitude d’évoluer nus en société, celà suppose une certaine dose d’impudeur. Donc, idéalement, le modèle nu parfait, c’est sans doute celui qui pose involontairement.
Peindre la pudeur nue… On comprend que le thème de Suzanne et les vieillards, un des sommets de l’érotisme en Occident, ait tant inspiré les peintres.

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05/07/2007

Le dilemme du modèle nu,

c’est qu’il s’agit toujours de quelqu’un de plus ou moins exhibitionniste. Et l’exhibitionnisme est souvent motivé par un complexe d’infériorité physique. Le modèle estime que son corps tout entier ou telle partie de son corps ne correspond pas aux canons et présente des défauts.
Or, ce qu’il faut d’abord, avant même certains critères physiques particuliers, c’est que le modèle soit "naturel" ; qu’il pose nu exactement comme s’il était vêtu.

Un exemple ? Récemment je croquais un homme nu (pas celui du croquis ci-dessous), un modèle expérimenté pourtant, et réputé, et il m’est très vite apparu évident et gênant que, s’il était plutôt “fier” de son corps dans l'ensemble, son visage ne le satisfaisait pas. Aussi faisait-il en sorte de prendre des poses où ses longs cheveux venaient masquer son visage.

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04/07/2007

La définition du dessin

que donne Delacroix est à la fois très juste et très simple. Pour lui le dessin c’est la “perspective”. Cette image de dragon, à la plume et inspirée de Titien, illustre bien la définition de Delacroix.
C’est amusant que cette définition intelligente du dessin soit donnée par un peintre généralement considéré comme un “coloriste”. Mais cette distinction entre peintres “coloristes” et “dessinateurs”, creusée par son admirateur Baudelaire, Delacroix la récuse justement. Il prend même l’exemple de Titien. «Faire de Titien un “coloriste”, dit-il à peu près, c’est oublier que Titien est d’abord un dessinateur exceptionnel.»
(Cette observation de Delacroix me paraît d’autant plus lucide et courageuse qu’il n’a pas, lui, la sûreté de trait ou la maîtrise d’un Titien - ni même celle d’un Gericault).
Les peintres ne sont jamais satisfaits de la façon dont les littérateurs parlent de leur art, le vocabulaire qu'ils utilisent ne leur semble que très rarement adéquat. Bien que Théophile Gautier et Baudelaire aient beaucoup fait pour la gloire de Delacroix, on sent bien que celui-ci, la moitié du temps, juge qu'ils sont à côté de la plaque.

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02/07/2007

Les animaux anthropomorphes

ont la préférence des peintres, semble-t-il ; le cheval, bien sûr, dont l'anatomie rappelle celle de l'homme ; le lion, à qui la crinière donne une physionomie humaine, sans compter le singe et le perroquet ou les chiens et les chats, dont ce sont les caractères, qui, pour ces derniers, semblent imiter ceux des hommes.

Il paraît que les fauves de Delacroix lui rapportaient plus que ses commandes de peinture d'histoire ou religieuse. Il a peint ainsi pas mal de lions pour satisfaire la demande. Pour plus de vérité, il allait observer les bestioles du Jardin des Plantes.

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30/06/2007

C'est un bon exercice

aussi, recommandé dès le XVIIe siècle, que de croquer des animaux de compagnie sur le vif. La peinture a longtemps été peuplée de chats, de chiens, de perroquets…

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(Aquarelle en vente sur e-bay.fr)

29/06/2007

Un grand pédagogue,

Rembrandt, dont les leçons sont connues grâce à certains de ses disciples, pour ne pas dire de ses apôtres, Rembrandt insistait lors des séances de modèle vivant, sur le dessin des pieds, des mains et du visage. Parfois il corrige un dessin : « Mettre plus les visages en valeur ! ».

On peut sans doute dire de tous les artistes chrétiens, pas seulement de Rembrandt, qu'ils sont "expressionnistes".

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